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Au cours du rassemblement contre l'invitation de Netanyahou - Paris le 15 juillet 16 JUILLET 2017 : NETANYAHOU N’EST PAS LE BIENVENU EN FRANCE !

vendredi 14 juillet 2017, Par Le Collectif 69

Benyamin Netanyahou devrait se rendre à Paris à l’invitation d’Emmanuel Macron le 16 juillet. Le dirigeant d’extrême droite israélien, qui bafoue le droit international, participerait à une cérémonie marquant le 75ème anniversaire de la déportation des Juifs de Paris !

- Le collectif 69 Palestine a signé l’appel ci-dessous :

- En fin de page vous trouverez le texte de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix) puis celui de Dominique Vidal et Bertrand Heilbronn

- Le PCF conteste la venue de Netanyahou aux commémorations du Veld’hiv.

- Lire dans mediapart Rafle du Vél’ d’Hiv’ : l’invitation de Netanyahou suscite un vif débat.


Emmanuel Macron et Benyamin Netanyahou

NON A LA VENUE DU CRIMINEL NETANYAHOU EN FRANCE !

Nous nous élevons contre la venue en France de Benjamin Netanyahou, premier ministre du gouvernement colonial israélien. L’invitation qui lui est faite par Emmanuel Macron de venir commémorer la rafle du Vel d’Hiv est indigne.

Il est indécent pour les victimes de la Rafle du Vel d’Hiv, 13.000 Juifs dont une moitié d’enfants arrêtés à Paris et en banlieue entre le 16 et le 17 juillet 1942 par 7.000 policiers français pour être livrées aux nazis et déportées dans des camps dont moins d’une centaine reviendront, d’être représentées par un raciste à la tête d’un Etat terroriste qui persécute tout un peuple depuis des décennies.

Confier cette commémoration à celui qui s’est spécialisé dans l’enfermement du peuple palestinien, le massacre de populations civiles, la torture des enfants, et qui maintient hermétiquement fermé le ghetto de Gaza, est scandaleux.

D’autant que cette rafle de 1942 concerna essentiellement les Juifs étrangers, réfugiés en France, et on sait comment le gouvernement israélien traite les étrangers et les réfugiés, qu’il s’agisse des demandeurs d’asile africains, qualifiés de « cancer » par la ministre de la « culture » , ou des réfugiés palestiniens parqués dans des camps, privés de liberté de circulation, ou encore expulsés et bannis illégalement de leur propre pays.

Netanyahou, qui a remis à l’honneur le concept de races, qui pratique l’apartheid sur des bases ethniques et religieuses, n’a rien à faire dans un pays qui se présente comme un défenseur des droits humains et du droit international.

On ne peut pas dire "Plus jamais cela", et dérouler le tapis rouge aux responsables d’un terrible nettoyage ethnique.

C’est pourquoi nous appelons à une manifestation de protestation la plus large possible

le samedi 15 juillet, veille de sa réception par le président de la République,

- Lire dans mediapart Rendez-vous à 15 H Place de la République à Paris le 15 juillet.

Premiers signataires : EuroPalestine, Droits Devant, Enfants de Palestine, Christine Delphy, Jacques-Marie Bourget, Mgr Gaillot, Collectif pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah, Nanterre Palestine, PIR, Marie-Jeanne Manuellan, Odile Tobner, Fethi Chouder, Les Désobéissants, Comité Palestine Israël Chateaubriant, Samidoun, Collectif 69 de Soutien au Peuple Palestinien, Alain Brossat, Paul Aries...


Les Français juifs seraient-ils des citoyens à part ?

dimanche 9 juillet 2017 par le Bureau national de l’UJFP

C’est ce que suggère notre Président en invitant un chef d’État étranger pour commémorer une tragédie française, la rafle du Vél’ d’Hiv’.

3 octobre 1940. Le premier Statut des Juifs fait d’une partie des français sous Vichy des citoyens « à part ». Le lendemain, la loi du 4 octobre 1940 sur « les ressortissants étrangers de race juive » étend cette distinction à l’ensemble des Juifs vivant en France.

Les 16 et 17 juillet 1942, 7000 policiers et gendarmes français, sous les ordres du régime de Vichy, procédaient à une rafle des Juifs parisiens. Les fascistes français avaient poussé le zèle jusqu’à l’arrestation des enfants, devançant ainsi les demandes de l’occupant nazi. Plus de 13000 Juifs dont 4000 enfants étaient parqués au vélodrome d’hiver avant d’être déportés et, pour la quasi-totalité, assassinés.

Ni les auteurs ni les exécutants français de cette rafle ne seront poursuivis, en particulier René Bousquet qui sera assassiné sans jamais avoir été jugé. Il faudra attendre 1995 pour que le président Chirac reconnaisse la responsabilité de l’État français.

En quoi ce crime contre l’humanité « franco-français » concerne-t-il un chef d’État étranger ? A quel titre un chef d’État étranger pourrait parler au nom des victimes et de leurs proches ?

Sauf à considérer que les Juifs français sont des citoyens un peu différents, qu’ils ne sont pas tout à fait Français et doivent être représentés par l’État d’Israël… Curieuse vision de notre République que nous présente-là son nouveau Président.

Nous, Juifs français sommes doublement choqués par cette invitation. Non seulement elle fait de nous des citoyens « à part » mais en plus le Président Macron nous fait représenter par le chef d’un État où un citoyen sur cinq n’a pas les mêmes droits que ses quatre compatriotes juifs. Une puissance occupante qui, au mépris des Conventions de Genève et des rappels à l’ordre de l’ONU vole l’eau et la terre des Palestiniens pour y installer des colonies, nie les droits des Palestiniens (enfermement administratif, exécutions extrajudiciaires…) quand il ne les enferme pas dans la cage infernale qu’est devenue Gaza.

Comment, en plus, oser nous faire représenter nous, enfants de la République, par le représentant d’un régime dont le racisme s’affiche ouvertement, assimilant les Palestiniens à des serpents ou appelant au meurtre contre les mères palestiniennes. Un racisme qui s’étend même à ses propres citoyens juifs, orientaux ou venus d’Afrique de l’Est.

L’UJFP dénonce l’invitation de Benyamin Nétanyahou par notre Président. Cette visite est une insulte aux victimes et à leurs proches.

La lutte contre le racisme et pour l’égalité des droits ne se divise pas.

Le Bureau national de l’UJFP, le 9 juillet 2017

Source ujfp.org


Netanyahou invité à la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv ?

Une confusion des genres choquante et dangereuse. Tribune signée par Dominique Vidal, journaliste et historien, et Bertrand Heilbronn, président de l’Assocation France Palestine Solidarité (AFPS)

Selon des informations concordantes, le président Emmanuel Macron aurait invité le Premier ministre Benyamin Netanyahou à la commémoration du 75ème anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv.

Cette première, si elle était maintenue, serait extrêmement grave dans le contexte actuel.

En premier lieu, parce qu’elle alimenterait une étrange confusion entre la communauté juive de France et Israël.

La rafle du Vel d’Hiv, les 16 et 17 juillet 1942, marque le début du génocide des Juifs de France. Les 13 000 hommes, femmes et enfants arrêtés ces jours-là se retrouveront à Drancy, d’où ils seront déportés à Auschwitz.

Ce n’est pas l’armée nazie, mais la police française qui a procédé à ces arrestations criminelles, comme aux suivantes. Le président Jacques Chirac a eu le courage de le reconnaître en 1995 : "Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’Etat français." Cette commémoration indispensable rappelle donc une double tragédie : celle de la déportation et du massacre d’un grand nombre de Juifs français ou vivant en France, et celle de la complicité de Vichy.

En quoi cet événement concernerait-il Israël ? Cet État n’existait pas à l’époque. La communauté juive de Palestine, le Yichouv, qui l’a précédé, n’a rien pu faire pour sauver les Juifs menacés, en France comme ailleurs. Et Israël ne peut se présenter comme le seul héritier des victimes de la Shoah, qu’il ne saurait transformer de manière posthume en partisans de la création de l’Etat d’Israël, encore moins de la politique anti-palestinienne que symbolise le leader de la droite et de l’extrême droite israéliennes. D’autant que ses gouvernements successifs ont laissé un grand nombre de survivants du génocide connaître la pauvreté. Dans ce contexte, cette invitation serait une insulte à la mémoire des victimes de la déportation.

Le maintien de cette invitation serait aussi une grave erreur, sur le plan intérieur, comme sur le plan de la politique internationale. Sur le plan intérieur, M. Emmanuel Macron a souvent évoqué la nécessité que la France se réconcilie avec elle-même. Cela ne peut pas se faire en laissant un Etat étranger, qui mène une politique criminelle contre un autre peuple, s’immiscer dans notre indispensable travail de mémoire. Les dirigeants communautaires qui poussent dans ce sens mènent notre pays à l’affrontement et à l’impasse. Il est du devoir du président de la République de le leur rappeler.

Sur le plan de la politique internationale, Israël est en train d’accélérer la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem, de resserrer le blocus de Gaza, de bafouer le droit international en toute impunité. L’urgence est aux signaux clairs pour marquer que cette impunité doit cesser, pas à de nouvelles cautions données au pouvoir israélien.

Ce geste choquant pose, en outre, une grave question : le nouveau président va-t-il mettre ses pas dans ceux de son prédécesseur ? Va-t-il, lui aussi, entonner "un chant d’amour pour Israël et pour ses dirigeants" ? Cautionnera-t-il la colonisation, voire l’annexion des territoires palestiniens ? Laissera-t-il Israël déclencher une nouvelle guerre contre la bande de Gaza, le Liban ou l’Iran ?

Il est évidemment trop tôt pour répondre à ces questions. Mais cette invitation, si elle était maintenue, constituerait une indication inquiétante. Le chef du gouvernement israélien, qui est aussi celui de la droite et de l’extrême droite israéliennes, n’a pas sa place à la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv.

Dominique Vidal, journaliste et historien, Bertrand Heilbronn, président de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS)

Source Blogs.mediapart

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