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Une vue de la colonie d'Ariel Conférence de Jean Paul Chagnollaud – Lyon 8 juin 2017 « Israël-Palestine – Une paix négociée est-elle possible ? »

dimanche 11 juin 2017, Par Le Collectif 69

Jean Paul Chagnollaud – professeur émérite des universités, président de l’IREMMO = institut de recherches et d’étude de la Méditerranée et du Moyen-Orient (iremmo.org) - est l’auteur de : « Israël-Palestine - la défaite du vainqueur » ed. Sindbad Actes Sud - Mai 2017

« Israël-Palestine – Une paix négociée est-elle possible »

Pourquoi s’obstiner sur une question toujours sans réponse ? « Parce que le pire n’est jamais certain »

J-P Chagnollaud découpe la question de la Palestine en 5 périodes :

- de Balfour à 47-48 : époque du mandat britannique

- de 48 à 1967 : guerre israélo-arabe

- de 1967 à Oslo (1991-1993) : le conflit devient israélo-palestinien, les Palestinien.ne.s existent enfin

- d’Oslo à 2000-2001 : (Taba)

- de 2001 à maintenant Sharon est élu 1er ministre en 2001, au suffrage universel direct (ce qui a été change depuis)

Trois volets de cette conférence :

DOMINATION DÉMISSION DIVISION

La DOMINATION

C’est celle de la droite nationaliste et religieuse en Israël, à la Knesset comme dans la population. 3 « champs » peuvent être distingués :

idéologique : idéologie nationaliste et religieuse avec un immense mépris des Palestinien.ne.s. La gauche n’existe plus.

Sociologique : actuellement ce sont 2 générations d’Israélien.ne.s qui n’ont connu que la colonisation et ont donc des repères différents des générations précédentes.

Territoriale : avec la dépossession foncière en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Il y a actuellement 600.000 colons pour 4 millions et demi de Palestinien.ne.s en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est.

La DÉMISSION

Celle de la « communauté internationale » après Oslo, qui s’apparente souvent à de la complicité. Voir les suites du 11 septembre 2001 avec le discours de Sharon amalgamant Al Qaida et les résistant.e.s palestinien.ne.s.

Après il n’y a eu que des « tentatives » vite avortées : le Quartet, les interventions de John Kerry. L’Europe est absente. La France fait toujours référence au droit international mais, ensuite, elle prétend que se rapprocher d’Israël permettrait de mieux discuter…

JP Chagnollaud accorde beaucoup d’importance à la résolution 2334 du Conseil de Sécurité de l’ONU, votée en décembre 2016. Cette résolution reprend la 242 qui affirmait l’inadmissibilité de l’acquisition de terres par la force et exige l’arrêt de la colonisation. MAIS elle n’est pas contraignante et n’avance pas de conditions ni de calendrier… L’Europe semble ne pas voir que la question de la Palestine entretient des tensions à l’intérieur même de l’Europe.

La DIVISION C’est celle des Palestinien.ne.s.

Il y a un éclatement de fait, dû à l’histoire : entre les Palestinien.ne.s de 48, les réfugié.e.s, les Palestinien.ne.s de Cisjordanie, de Gaza, avec des histoires différentes.

A partir de 1967 une unité se fait, il y a la création de l’OLP avec Arafat rapidement à sa tête.

A partir de 2011-2004 (mort d’Arafat) la division réapparaît avec en plus Jérusalem-Est et son statut particulier. Le Fatah et le Hamas sont en opposition, les recherches d’unité sont fragiles. Il y a aussi des divisions à l’intérieur des 2 blocs ainsi que les manœuvres personnelles des uns et des autres…

Ce conflit est-il oublié ? Or il a un impact énorme partout ! Des négociations sont-elles possibles ? Sachant qu’il y a une asymétrie totale entre les 2 parties. Il s’agit d’un colonialisme d’un autre âge, qui ramène au mandat britannique. La France pourrait au moins reconnaître l’État de Palestine puisqu’elle a reconnu Israël !


Cette conférence a eu lieu dans les locaux de l’ ENS Lyon – 8 juin 2017

Mes Notes, Martine.

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