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Destruction du village d'Umm al-Hiran Les démolitions du village bédouin de Umm al-Hiran (Negev) font partie d’un plan d’épuration ethnique prémédité

mercredi 18 janvier 2017, Par Le Collectif 69

Mercredi 18 janvier plusieurs centaines de policiers israéliens sont venus en grand nombre "protéger" la démolition de plusieurs maisons du village bédouin d’Umm al-Hiran.

La population palestinienne manifestait et résistait à ces démolitions avec la présence d’associations des droits humain israéliennes.

Un Palestinien, Abu Qian, enseignant respecté, a été tué au volant de son véhicule, celui-ci a continué sa route et a percuté les soldats israéliens.

Plusieurs témoins ont contesté la version israélienne qui parle d’attentat à la voiture bélier.

Ayman Odeh, député palestinien à la Knesset, témoin direct des faits a été blessé par balle en caoutchouc. De même un autre député, Oussama al-Saadi, a été blessé et emmené à l’hôpital.

La population continue sa mobilisation et une grève a été décrétée.

Personne ne peut croire la version israélienne des faits, et à la justification de ces destructions, en effet c’est une politique délibérée qui cherche à expulser les bédouins de leurs terres centenaires pour coloniser le Negev. Nous connaissons les 108 destructions du village d’Al-Araqib, nous nous souvenons du plan "PRAWER" de 2013 :

Le Plan de "Prawer" prévoit le déplacement forcé de près de 70 000 citoyens Bédouins arabes d’Israël et la destruction de 35 villages "non reconnus" (selon le gouvernement israélien) dans le Néguev (Naqab).

Ce plan est une violation brutale des droits constitutionnels des Bédouins et des droits humains à la propriété, la dignité, l’égalité, le logement correct et la liberté de résidence.

Les Bédouins ont peuplé le Neqev depuis le septième siècle et ils constituent aujourd’hui la communauté la plus vulnérable en Israël. L’État d’Israël considère 35 de leurs villages comme "illégaux" !. Ces villages manquent de tous les services de base comme l’eau, l’électricité, l’assainissement, l’éducation, les services médicaux et les routes. L’Etat d’Israël ne leur fournit pas ces infrastructure pour les "encourager" à l’abandon de leurs villages historiques.

Bédouins en Israël : invisibles ! Nous avons dénoncé cette politique d’épuration ethnique depuis 2013 par la participation à une pétition.


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Placée sous le régime militaire comme le reste des régions demeurées à majorité palestinienne, le couvre-feu et les arrestations arbitraires, la population du Naqab (Negev) fut déplacée selon le gré des colons, ou selon leurs stratégies du moment : regroupement par-ci, démantèlement par là. Des tribus furent déplacées vers la région d’al-Quds, d’autres vers les villes d’al-Lid et de Ramla, occupées également, d’autres vers l’Egypte, la Jordanie ou vers la bande de Gaza.

Alors que les cartes géographiques datant d’avant 1948 montrent de larges zones cultivées, les sionistes ont prétendu que la région du Naqab n’était peuplée que par des nomades qui vivaient de pâturages. Dire « nomade » signifie pour les colonisateurs une population apte à être déplacée, n’étant pas enracinée dans la terre. Mais, de plus, non seulement les bédouins du Naqab n’étaient pas des nomades permanents, mais ils possédaient des milliers de dunums de terres que les sionistes ont raflés, sous des prétextes divers. Aujourd’hui encore, la population palestinienne du Naqab essaie de récupérer ses terres en passant par les tribunaux de l’occupation. Mais il va sans dire que ces tribunaux sont juste une façade qui cache la véritable nature colonisatrice et négationniste du sionisme.

Pendant des dizaines d’années, les Palestiniens du Naqab (Negev) ont lutté contre leur expropriation et surtout contre leur enfermement dans des « villes » construites par l’occupant, conscients que les envahisseurs sionistes voulaient appliquer la formule : « le maximum de Palestiniens sur le minimum de terres », formule qu’ils tentent d’appliquer sur tout le territoire palestinien, du nord au sud, et de l’Est à l’ouest : d’al-Jalil à al-Aghwar, d’al-Quds à al-Naqab.

Les Bédouins du Naqab (Negev), arabes Palestiniens, ont résisté par tous les moyens disponibles contre leur expulsion, de leurs villages, dont la majorité n’est pas reconnue par l’entité sioniste. Ces villages n’existent tout simplement pas aux yeux des colons. Leur emplacement n’est pas indiqué, ils ne sont pas reliés par l’électricité, et les lignes de haute tension qui relient les colonies sionistes passent par-dessus leur tête. Ces villages ne sont pas reliés au réseau d’eau que l’entité pille sans contrôle, et si certains villages sont reliés par des routes asphaltées, c’est grâce à la population et à ses organisations politiques et sociales, qui ont organisé des journées de travail pour faciliter la vie des gens.

Um al-Hiran, comme al-Araqib, sont des villages non-reconnus par l’administration sioniste. Les Bédouins d’al-Araqib poursuivent leur résistance, en reconstruisant plus de 100 fois les démolitions de leurs maisons. Ils vivent à présent sous les tentes ou dans des installations précaires. Cela n’a pas empêché les envahisseurs de lancer pour la 108ème fois leurs bulldozers, il y a tout juste une semaine. Um al-Hiran est un village palestinien dont la population a été expulsée en 1948. A sa place, les sionistes installent les habitants de Wadi Zabala, car pour ces colons venus d’Europe, il faut éviter que les Palestiniens demeurent dans leurs villages d’origine et doivent être déplacés au gré des stratégies colonialistes. Aujourd’hui, les habitants d’Um al-Hiran sont menacés d’expulsion de leur village, car les sionistes envisagent de fonder une colonie sur leurs terres. Ils proposent le déplacement de ses habitants ailleurs, là où leurs plans de colonisation n’ont pas été encore établis.

D’après Fadwa Nassar

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